Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /Jan /2009 14:40

En l'honneur du 54ème anniversaire de celui que certaines personnes (et au final, une large majorité, de personnes) ont élus pour le placer à la tête de l'Etat français, j'avais envie de poster un article afin de montrer, si ce n'est mon désaccord, au moins mon mal-être face aux événements quotidiens auxquels je suis confrontés et leur implication sur un plan politique.

Depuis le mois de juillet je suis à Paris pour obligation professionnelle. Cette ville, Paris, je n'aimais déjà pas l'évocation de son nom avant d'y être. Paris, la ville mangeuse de France. A écouter la télévision, la France n'existe qu'à Paris et l'opinion des (certes nombreux) habitants de cette agglutination de pollution, de bruits et de bâtiments semble devoir être l'image sans défaut de ce que les français de l'ensemble du territoire pensent. A croire qu'à force de ne regarder que le bout de leur nez, les journalistes sont incapables de ne plus loucher vers la capitale.

La particularité de Paris est son réseau de transport en commun étouffant, éprouvant : ces métros, ces RERs remplis jusqu'à la gueule aux horaires d'ouverture et de fermeture des bureaux. Intenable en temps normal, il suffit d'un rien pour que les rames qui les composent deviennent un train de juif où les gens s'entassent sciemment après avoir payé leur billet. Ici, les gens sont d'un individualisme exacerbé, je dirais même qu'ils haïssent autrui. Ils détestent les autres parce que cette agglomération d'êtres humains dans les mêmes espaces confinés, irrespirables, tous les jours, est absolument intenable. Autrui, c'est cet idiot qui s'est suicidé sur la rame de RER causant le politiquement correct « incident de personne » qui cause un retard non négligeable de trente minutes sur la ligne. Autrui, c'est le type qui a tiré sur la sonnette d'urgence pour rien. Autrui, c'est le type de la RATP qui a décidé de faire grève et qui te fait vivre un enfer encore plus énorme qu'en tant normal. Du coup, ces gens sont exacerbés, haineux. Ils sont sous pression ou, plus justement, sous compression permanente. Leur chemin de croix quotidien est tellement à la limite du supportable qu'un incident, une contrariété monte dans le domaine de l'inadmissible.

Ils sont sarkozistes, bien entendu. Ils pensent que si on faisait bosser ceux qui soit-disant ne bossent pas leur vie serait meilleure. Ils pensent qu'en interdisant les grèves, leur galère de transport à répétition serait finie. Ils pensent que tous ces mendiants qui les harcèlent en tout lieu n'ont qu'à aller bosser. Leur misère n'est pas financière, elle est morale. Ils sont sous anesthésie constante, incapable de regarder leur voisin d'infortune dans les transports en commun comme leur semblable car leur humanisme est au vestiaire. La solidarité envers autrui, ils ne l'ont pas parce que pour monter dans ces rames, il faut bousculer, il faut pousser et cela sans dire un mot, sans un sourire, sans une excuse, respectant le silence mortuaire qui englobe ces lieux mouvants. Ils ne donnent pas à ce mendiant à la sortie, parce que, rien que ce matin, ils en ont croisé cinq autres : qui jouant de la guitare, qui tendant la main silencieusement dans un couloir, qui demandant de l'argent pour nourrir son enfant, qui apostrophant les passants parce qu'il n'aurait pas mangé depuis trois jours. Alors, on accélère le pas, on passe devant cette misère qui ne touche pas, qui ne touche plus parce que le courage manque pour lui faire face. On s'adresse aux gens avec mépris car ces gens ne sont plus véritablement des humains; ils ne sont rien d'autre qu'une masse grouillante qui barre la route. Ils sont anesthésiés au volant, sur cette boucle de bitume qui ceinture les limites de Paris (ou plutôt la tête de cette araignée géante qui s'étend sur toute l'Île de France en un agglomérat de bâtiments serrés). Ils trouvent normal de mettre deux heures pour faire quinze kilomètres. Ils trouvent normal d'être collé à d'autres parce que ces attitudes sont quotidiennes. Dans le même temps, ils ne supportent pas, c'est pourquoi ils courent : pour aller au boulot, au métro, à l'appart, chez le coiffeur... Ils courent contre le temps, ce temps qu'ils perdent, qui les épuisent et alors, le soir, ils sortent, dépenser leur fric, vite, dans un resto, dans une boîte à la mode. Là, vite également, ils trouvent un coup pour le soir, des filles qui ne s'intéressent qu'au fric et aux apparences; des gars qui ne s'intéressent qu'à leur carrière. Pourquoi s'intéresser à autre chose d'ailleurs ? L'apparence c'est tout ce qui est visible lorsque le cerveau est sous anesthésie, le fric, c'est ce qu'il reste lorsque l'on a pas le luxe d'avoir du temps.

De là naît une société du chacun pour soi où il est normal de bosser quarante-cinq heures par semaine pour gagner du fric que l'on dépensera à défaut de dépenser du temps. Ceux qui font trente-cinq heures sont des faignants, ceux qui se plaignent de leur pouvoir d'achat n'ont qu'à prendre sur leur temps libre. Ceux qui font grève ont les moyens de faire la grève sinon c'est qu'ils bosseraient, ceux qui mendient aiment le faire sinon ils feraient autrement. La logique est implacable et dans ce monde étroit la question qui brûle les lèvres pour demain n'est pas : « Est-ce que tu vas aller manifester ? » mais plutôt « Comment je vais faire avec les grèves pour arriver au boulot à l'heure ? ».

Le Parisianisme nuit donc gravement à la santé pour toute personne ayant une sensibilité un tant soit peu gauchiste. Et le pire dans cette histoire, c'est que demain, au vu de la situation, je serai plus dans le camp de ceux qui cherchent à aller au boulot que de ceux qui se battent pour leurs idéaux. Désillusion quand tu nous tient...

Par Coralie - Publié dans : General
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Jeudi 18 décembre 2008 4 18 /12 /Déc /2008 14:40

Aujourd'hui, j'aimerai vous parler d'un livre qui m'a profondément marquée en tant que lectrice et en tant qu'écrivain amateur. Etant linguiste de formation et aimant écrire, j'ai un amour assez profond pour la langue, les mots et la stylistique aussi suis-je très sensible aux livres qui apportent quelque chose de neuf dans la manière de raconter les choses, dans le style employé. C'est là que je viens au best-seller de l'écrivain allemand Patrick Süskind : Le Parfum. Ce qu'il y a d'étonnant dans ce que je viens d'écrire, c'est que je parle d'un exercice de style pour ce livre alors que je n'ai eu entre les mains qu'une traduction de l'allemand (et pour cause, je ne parle pas cette langue) mais, le fait est que ce style particulier existe dans la traduction. De quoi est-il question dans ce livre ? Eh bien, si on regarde le sous titre, nous avons la réponse, il s'agit de l'histoire d'un meurtrier. Pourtant le Parfum n'a rien du roman policier, il est plus proche du conte, de la fable fantastique. D'ailleurs, le personnage principal, Jean-Baptiste Grenouille, est par essence fantastique : il est dépourvu de sentiments, dépourvu d'odeur corporelle et à la capacité extraordinaire de pouvoir reconnaître, décomposer et reconstituer toutes les fragrances d'une odeur. Les odeurs sont le centre du roman et sont la quête de Jean-Baptiste Grenouille car, d'après lui, qui maîtrise les odeurs, maîtrise le monde. Ainsi, dans ce roman qui se déroule en France au XVIIIème suivons-nous Jean-Baptiste Grenouille dans sa quête des odeurs. L'histoire en elle-même est intéressante mais ce qui ressort du Parfum c'est qu'avant tout, il se lit. Par ses tournures, ses descriptions, ce phrasé particulier, le livre a une saveur que personne ne peut retranscrire en vous racontant l'histoire car une grande partie du plaisir que procure la lecture est dans le style de Süskind. Pour moi, le Parfum fait partie de ces rares livres qui ne se racontent pas mais qui se dégustent jusqu'à son dernier mot.

Par Coralie - Publié dans : Romans et Bandes Dessinées
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Lundi 8 décembre 2008 1 08 /12 /Déc /2008 13:27

Aujourd'hui, je vous livre ma petite critique littéraire du dernier sorti des romans policiers de Jean-Christophe Grangé, Miserere.


Je suis une quasi-inconditionnelle de Jean-Christophe Grangé sur qui j'ai déjà écrit un article à mon ancienne adresse. Je n'ai donc pas dérogé à la règle : dès que j'ai vu son dernier roman dans toutes les librairies, je me suis précipité sur un exemplaire. Pour ceux qui connaissent un peu, Grangé est un auteur policier qui à la particularité de mettre en scène des personnages tourmentés, complexes qui ont souvent un secret, un passé étrange. Dans ce dernier livre, on ne déroge pas à la règle, les enquêteurs en charge de l'affaire sont un duo de flics à la marge : un arménien fraîchement retraité de la police et un jeune lieutenant de police prometteur mais junkie. Le rythme est soutenu, on progresse avec les enquêteurs dans leur recherche de vérité sur une série de meurtres étranges au mode opératoire très particulier qui semble avoir été commis par des enfants. Ce livre dans sa progression, dans la façon dont l'enquête est menée m'a donné l'envie de réfléchir moi-même à la clé des meurtres ; il m'a donné une envie que je n'avais plus eu depuis les derniers Agatha Christie que j'ai pu lire. Et puis, ce livre m'a mené assez étrangement sur la piste d'un autre livre : le roi des Aulnes de Michel Tournier. Je ne veux pas révéler le contenu du livre mais en cherchant des pistes sur l'identité des meurtriers je suis tombé sur ce livre de Tournier dont le résumé semblait, de mon point de vue, correspondre quelque peu à la situation décrite dans ce Miserere. Je me suis d'ailleurs procuré le livre, titillé par ce qu'il pouvait contenir. Tout cela pour dire que Miserere présente un thème très palpitant et intéressant malheureusement, même si le livre est agréable à lire, s'il n'y a pas de temps morts et que la lecture est agréable, comme trop souvent chez Grangé, la fin, regorgeant d'incohérences, laisse perplexe et nuit au reste du livre. D'autre part, les mécanismes étant analogues d'un livre à l'autre, il est assez facile de prévoir les rebondissements de l'histoire, on reste sur sa faim et c'est dommage car ce livre était prometteur on aurait espérer mieux.

Par Coralie - Publié dans : Romans et Bandes Dessinées
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Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 08:54

Il y a longtemps maintenant est entré dans mon imaginaire (et dans ma vie) un jeune sorcier britannique aux lunettes cassés, à l'allure frêle, aux cheveux incoiffables avec une cicatrice en forme d'éclair sur le front. Vous l'avez reconnu, je parle bien sûr de Harry Potter.


Pourquoi faire un énième article sur Harry Potter alors que tout le monde en a entendu parlé, que tout le monde a vu des images du films, que tout le monde sait bon-an, mal-an de quoi il est question lorsque l'on parle du jeune sorcier et que, depuis à présent une bonne année, le septième et ultime tome de cette série fleuve est sorti ?

J'avais envie de vous donner une autre vision de Harry, une autre face de l'histoire en revenant à  l'essentiel de ce que constitue Harry Potter : une série de livre.


A travers le succès planétaire, les films, la horde de produits dérivés et le délire des fans, il est difficile pour quelqu'un qui ne connaît pas déjà Harry Potter de faire un pas vers cette série. Il y a la peur d'être déçu, la peur d'être pris dans un engrenage commercial, la peur de renoncer à son individualisme pour suivre le troupeau derrière leur idole et puis, surtout, le manque d'intérêt : que puis-je apprendre sur quelque chose dont de part et d'autre on m'a parlé, dont je connais des passages entiers, voir même la fin ? Il est vrai que le plaisir de la découverte est gâché mais les livres et les grandes œuvres ont cela d'éternel que chaque personne qui le lit l'interprétera et l'imaginera différemment. On peut lire Harry Potter à tout âge on n'en dégagera pas la même chose.


Alors qu'est-ce que je veux vous faire découvrir sur Harry ? Peut-être commencer par vous le raconter à ma façon :


Ca commence comme un roman à la Dickens. Le brouillard anglais, la pénombre, l'abandon d'un enfant sous un toit qui ne veut pas de lui par une nuit noire. Un orphelin ordinaire qui porte sur ses épaules un destin extraordinaire. Une enfance brimée par un oncle et une tante jouant le rôle de marâtre. Harry dormant dans un placard à balai avec les araignées, petite âme qui n'a jamais eu de chance. Et puis, vient la magie, la promesse d'un monde de l'autre côté du miroir. Un monde où on peut voler sur des balais, lancer des sorts, un rêve devenu réalité... Mais le rêve n'est pas si rose qu'il n'y paraît. Le monde magique est rongé des mêmes tares que le monde de ceux qui n'ont pas de pouvoir magique. Il y a le racisme envers ceux qui ne sont pas « purs », ceux dans lequel coule le sang des non-magiciens. Il y a la quête de gloire, l'ambition démesurée des hommes qui les mènent à préparer des potions interdites, à rechercher l'immortalité et la menace d'un sorcier dont tout le monde a si peur que l'on n'ose pas même prononcer son nom. Et notre adolescent de onze ans va grandir au cours des tomes en sachant qu'il est la cible du mage noir, en sachant que le monde magique nourrit tous ses espoirs sur lui. Cependant, Harry reste un ado, parfois idiot, long à la détente, susceptible, téméraire. Un ado dont on suit le parcours initiatique, le chemin de croix dans ce monde qu'il apprend à connaître.


C'est donc un conte pour enfant qui se complexifie, où les nuances apparaissent au fil des tomes et où la menace du retour du génie du mal se fait plus inéluctable. Que vous dire sur Harry ? Simplement qu'il fait partie de ces héros qui portent votre imaginaire, en qui chacun peut se reconnaître et peut-être est-ce là le plus important des messages.


J'espère avoir convaincu ceux qui restent sceptique vis à vis de cet univers. Si Harry Potter est un succès, c'est parce qu'il a apporté beaucoup à ceux qui l'ont lu et il a encore à apporter aux autres.

Par Coralie - Publié dans : Romans et Bandes Dessinées
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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /Nov /2008 10:47

Qui n'a jamais essayé de faire une sculpture avec ses pots de yaourts usagés, un visage dans sa purée ou n'a pas imaginer une forêt pour lilliputien devant son assiette de choux de Bruxelles ? Il y a cependant un photographe anglais, Carl Warner, qui a fait de ce jeu avec les aliments, un art. Son credo : faire des natures mortes à partir de fruits, légumes et aliments en tout genre. Le résultat est assez stupéfiant et donne le concept de Foodscape, des paysages entièrement construits à partir d'aliments.


Sur le site de l'artiste, http://www.carlwarner.com, on retrouve ses plus belles photos de paysages  en diaporama. Il y a également la possibilité d'acheter une de ces photos (mais, on n'est pas chez pixmania, la photo vous coûtera au minimum 115£). J'aime particulièrement Carbage Sea qui sert d'en tête à cet article. La mer déchaînée semble menaçante avec ces choux rouges. De même, j'apprécie énormément les quelques paysages faits essentiellement avec de la charcuterie, qui donne un aspect mi-sépia, mi-enneigé au paysage. Pour le plaisir des yeux et l'originalité de l'idée, je vous conseille d'aller regarder ses foodscapes (rubrique Fotographics).


 A noter que sr le site vous pouvez également trouver des photos tout aussi originales de mise en scène des objets de la vie de tous les jours (rubrique Still Life). C'est très esthétique  et curieux.  Personnellement, j'aime beaucoup cet emballage de plaque de chocolat dans lequel se trouve une règle ainsi que le poisson rouge qui a un mixeur pour bocal. Le décalage est très intéressant et vaut le détour.


J'espère que je vous aurais donné envie de vous intéressé à cet artiste.

Par Coralie - Publié dans : Peinture, dessins, images
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