En l'honneur du 54ème anniversaire de celui que certaines personnes (et au final, une large majorité, de personnes) ont élus pour le placer à la tête de l'Etat français, j'avais envie de poster un article afin de montrer, si ce n'est mon désaccord, au moins mon mal-être face aux événements quotidiens auxquels je suis confrontés et leur implication sur un plan politique.
Depuis le mois de juillet je suis à Paris pour obligation professionnelle. Cette ville, Paris, je n'aimais déjà pas l'évocation de son nom avant d'y être. Paris, la ville mangeuse de France. A écouter la télévision, la France n'existe qu'à Paris et l'opinion des (certes nombreux) habitants de cette agglutination de pollution, de bruits et de bâtiments semble devoir être l'image sans défaut de ce que les français de l'ensemble du territoire pensent. A croire qu'à force de ne regarder que le bout de leur nez, les journalistes sont incapables de ne plus loucher vers la capitale.
La particularité de Paris est son réseau de transport en commun étouffant, éprouvant : ces métros, ces RERs remplis jusqu'à la gueule aux horaires d'ouverture et de fermeture des bureaux. Intenable en temps normal, il suffit d'un rien pour que les rames qui les composent deviennent un train de juif où les gens s'entassent sciemment après avoir payé leur billet. Ici, les gens sont d'un individualisme exacerbé, je dirais même qu'ils haïssent autrui. Ils détestent les autres parce que cette agglomération d'êtres humains dans les mêmes espaces confinés, irrespirables, tous les jours, est absolument intenable. Autrui, c'est cet idiot qui s'est suicidé sur la rame de RER causant le politiquement correct « incident de personne » qui cause un retard non négligeable de trente minutes sur la ligne. Autrui, c'est le type qui a tiré sur la sonnette d'urgence pour rien. Autrui, c'est le type de la RATP qui a décidé de faire grève et qui te fait vivre un enfer encore plus énorme qu'en tant normal. Du coup, ces gens sont exacerbés, haineux. Ils sont sous pression ou, plus justement, sous compression permanente. Leur chemin de croix quotidien est tellement à la limite du supportable qu'un incident, une contrariété monte dans le domaine de l'inadmissible.
Ils sont sarkozistes, bien entendu. Ils pensent que si on faisait bosser ceux qui soit-disant ne bossent pas leur vie serait meilleure. Ils pensent qu'en interdisant les grèves, leur galère de transport à répétition serait finie. Ils pensent que tous ces mendiants qui les harcèlent en tout lieu n'ont qu'à aller bosser. Leur misère n'est pas financière, elle est morale. Ils sont sous anesthésie constante, incapable de regarder leur voisin d'infortune dans les transports en commun comme leur semblable car leur humanisme est au vestiaire. La solidarité envers autrui, ils ne l'ont pas parce que pour monter dans ces rames, il faut bousculer, il faut pousser et cela sans dire un mot, sans un sourire, sans une excuse, respectant le silence mortuaire qui englobe ces lieux mouvants. Ils ne donnent pas à ce mendiant à la sortie, parce que, rien que ce matin, ils en ont croisé cinq autres : qui jouant de la guitare, qui tendant la main silencieusement dans un couloir, qui demandant de l'argent pour nourrir son enfant, qui apostrophant les passants parce qu'il n'aurait pas mangé depuis trois jours. Alors, on accélère le pas, on passe devant cette misère qui ne touche pas, qui ne touche plus parce que le courage manque pour lui faire face. On s'adresse aux gens avec mépris car ces gens ne sont plus véritablement des humains; ils ne sont rien d'autre qu'une masse grouillante qui barre la route. Ils sont anesthésiés au volant, sur cette boucle de bitume qui ceinture les limites de Paris (ou plutôt la tête de cette araignée géante qui s'étend sur toute l'Île de France en un agglomérat de bâtiments serrés). Ils trouvent normal de mettre deux heures pour faire quinze kilomètres. Ils trouvent normal d'être collé à d'autres parce que ces attitudes sont quotidiennes. Dans le même temps, ils ne supportent pas, c'est pourquoi ils courent : pour aller au boulot, au métro, à l'appart, chez le coiffeur... Ils courent contre le temps, ce temps qu'ils perdent, qui les épuisent et alors, le soir, ils sortent, dépenser leur fric, vite, dans un resto, dans une boîte à la mode. Là, vite également, ils trouvent un coup pour le soir, des filles qui ne s'intéressent qu'au fric et aux apparences; des gars qui ne s'intéressent qu'à leur carrière. Pourquoi s'intéresser à autre chose d'ailleurs ? L'apparence c'est tout ce qui est visible lorsque le cerveau est sous anesthésie, le fric, c'est ce qu'il reste lorsque l'on a pas le luxe d'avoir du temps.
De là naît une société du chacun pour soi où il est normal de bosser quarante-cinq heures par semaine pour gagner du fric que l'on dépensera à défaut de dépenser du temps. Ceux qui font trente-cinq heures sont des faignants, ceux qui se plaignent de leur pouvoir d'achat n'ont qu'à prendre sur leur temps libre. Ceux qui font grève ont les moyens de faire la grève sinon c'est qu'ils bosseraient, ceux qui mendient aiment le faire sinon ils feraient autrement. La logique est implacable et dans ce monde étroit la question qui brûle les lèvres pour demain n'est pas : « Est-ce que tu vas aller manifester ? » mais plutôt « Comment je vais faire avec les grèves pour arriver au boulot à l'heure ? ».
Le Parisianisme nuit donc gravement à la santé pour toute personne ayant une sensibilité un tant soit peu gauchiste. Et le pire dans cette histoire, c'est que demain, au vu de la situation, je serai plus dans le camp de ceux qui cherchent à aller au boulot que de ceux qui se battent pour leurs idéaux. Désillusion quand tu nous tient...
Aujourd'hui, j'aimerai vous
parler d'un livre qui m'a profondément marquée en tant que lectrice et en tant qu'écrivain amateur. Etant linguiste de formation et aimant écrire, j'ai un amour assez profond pour la langue, les
mots et la stylistique aussi suis-je très sensible aux livres qui apportent quelque chose de neuf dans la manière de raconter les choses, dans le style employé. C'est là que je viens au
best-seller de l'écrivain allemand Patrick Süskind : Le Parfum. Ce qu'il y a d'étonnant dans ce que je viens d'écrire, c'est que je parle d'un exercice de style pour ce livre alors
que je n'ai eu entre les mains qu'une traduction de l'allemand (et pour cause, je ne parle pas cette langue) mais, le fait est que ce style particulier existe dans la traduction. De quoi est-il
question dans ce livre ? Eh bien, si on regarde le sous titre, nous avons la réponse, il s'agit de l'histoire d'un meurtrier. Pourtant le Parfum n'a rien du roman policier, il est
plus proche du conte, de la fable fantastique. D'ailleurs, le personnage principal, Jean-Baptiste Grenouille, est par essence fantastique : il est dépourvu de sentiments, dépourvu d'odeur
corporelle et à la capacité extraordinaire de pouvoir reconnaître, décomposer et reconstituer toutes les fragrances d'une odeur. Les odeurs sont le centre du roman et sont la quête de
Jean-Baptiste Grenouille car, d'après lui, qui maîtrise les odeurs, maîtrise le monde. Ainsi, dans ce roman qui se déroule en France au XVIIIème suivons-nous Jean-Baptiste Grenouille
dans sa quête des odeurs. L'histoire en elle-même est intéressante mais ce qui ressort du Parfum c'est qu'avant tout, il se lit. Par ses tournures, ses descriptions, ce phrasé
particulier, le livre a une saveur que personne ne peut retranscrire en vous racontant l'histoire car une grande partie du plaisir que procure la lecture est dans le style de Süskind. Pour moi,
le Parfum fait partie de ces rares livres qui ne se racontent pas mais qui se dégustent jusqu'à son dernier mot.
Aujourd'hui, je vous livre ma petite critique littéraire du dernier sorti des romans
policiers de Jean-Christophe Grangé, Miserere.
Il y a longtemps maintenant est entré dans mon imaginaire (et dans ma vie) un jeune
sorcier britannique aux lunettes cassés, à l'allure frêle, aux cheveux incoiffables avec une cicatrice en forme d'éclair sur le front. Vous l'avez reconnu, je parle bien sûr de Harry Potter.
Qui n'a jamais essayé de faire une sculpture avec ses pots de yaourts
usagés, un visage dans sa purée ou n'a pas imaginer une forêt pour lilliputien devant son assiette de choux de Bruxelles ? Il y a cependant un photographe anglais, Carl Warner, qui a fait de
ce jeu avec les aliments, un art. Son credo : faire des natures mortes à partir de fruits, légumes et aliments en tout genre. Le résultat est assez stupéfiant et donne le concept de
Foodscape, des paysages entièrement construits à partir d'aliments.